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Un humain dans la masse !

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Blog sur les sujets de la vie quotidienne. Savoir se mettre en lumière pour apprendre à évoluer. Curiosité, Neutralité, Point de vue exterieur. Ni pour. Ni contre. Bien au contraire


[DELERM VINCENT] Mon avis sur son album QUINZE CHANSONS

Publié par Julien sur 25 Mars 2017, 21:02pm

Catégories : #Musiques, #Delerm

 

 

"J'aime beaucoup Delerm".

C'est la phrase que j'ai récemment sortie à mes potes. Et ils m'ont rit au nez. Ça m'étonne pas, j'ai moi même longtemps catalogué le chanteur dans une "case"

 

Quinze chansons. J'aime beaucoup ce titre d'album, qui reflète vachement bien le style du chanteur. De la précision, du détail, c'est un peu sa ligne de conduite. C'est un peu comme si on avait un recueil de nouvelles, quinze petites histoires, en format musical à découvrir, à écouter. Car oui, quand Delerm se met à chanter, on a forcement des images qui défilent devant nos yeux, comme un film qui se met en route. Chanteur ou metteur en scène ?

Toujours est t'il que même s'il ne chante pas a proprement dit, il a quand même une de ces voix qui vous forcent à vous arrêtez deux secondes pour écouter ce qu'il à vous dire. Quinze titres, tous assez loufoques et très « Delermien ». Oui quand on lit les titres, on a l'impression de lire des chapitres de romans ou bien encore de voir des photographies, des instantanés, des morceaux de vies.


Une voix suave et traînante qui nous projette des lieux ordinaires, des lieux banals, jamais vulgaire, mais dont la force des mots et de la musique donne un petit parfum de magique à toutes ces choses. Le name dropping, est toujours présent dans ce quatrième opus. Style qu'il avait un peu laissé de coté dans le troisième opus. Ce procédé consiste tout simplement à truffer ses textes de noms propres, entre message codé et clin d'œil…Certes, beaucoup se moquent de cet effet de style, mais ce n'est pas le précurseur de ce genre de procédé. Il suffit de penser à Souchon par exemple et sa foule sentimentale.


J'ai envie de commencer par la chanson Martin Parr, la quatrième de l'album. Elle est le reflet du style Delerm. Martin Parr est un célèbre photographe, qui fixe des gens ordinaires sur photos pour en faire des choses extraordinaires. Et c'est ça le style de Delerm. Prendre des lieux communs pour les mettre particulièrement en valeur. Cette chanson est donc une sorte d'album photo qu'on s'imagine entrain de feuilleter. La chanson est courte, mais suffisante, la touche féminine est pile dans le ton, la musique très classique et minimaliste, pour laisser la place aux mots et aux descriptions.


Les chansons de cet album sont d'une durée totalement inégale et je trouve ça totalement bien trouvé. Si on commence par trois chansons au format assez standard, c'est à dire d'une durée d'environ 3 minutes, on arrive vite à un enchaînement de chansons qui ont une durée moyenne de 2 minutes. Certaines ne durent même qu'une minute. Ça permet de casser le rythme, de provoquer des surprises, et ça pique au vif. Pas le temps de s'ennuyer, Delerm va a l'essentiel et chope l'essence même de la chanson et nous transmet ce qu'il y'a à transmettre. Il mélange toujours et d'une façon très subtile : mélancolie et humour.


Dès la première chanson, on sent le style de Delerm qui pointe son nez. Ça commence par ces cordes, sublime mélodie, mélangées à ce piano et puis la voix de Vincent qui vient se caler sur tout ça. Il retrace cette époque, sorte d'hommage à l'age d'or d'Hollywood, où tous les acteurs s'appellent Terence et où les actrices s'appellent Betty. Encore une fois, grâce à ses mots, on plonge dans l'ambiance dès les premières secondes. La musique est très classe, les arrangements sont très bons, c'est propre, c'est beau, et ça a de la gueule.


Le deuxième morceau, Allan et Louise, me touche beaucoup par son coté très intimiste. Ou comment Delerm place sa chanson en rapport à un sujet grave et d'actualité (le 11 septembre) mais en visionnant le tout depuis la banquette d'un restaurant chinois et en insérant le tout dans une histoire d'amour entre deux personnes. Mieux, il analyse la relation et comment ce sentiment amoureux est il vraisemblable. On imagine très vite la scène devant nos yeux et on se laisse porter par cette voix toujours aussi chaude, ponctué de petits murmures féminins. Doux moment que cette chanson…


Quand on pense à Delerm, on pense à cinéma et là pour le coup, certaines de ses chansons nous plonge totalement dans une ambiance de film. Je pense notamment à cette chanson totalement loufoque et terriblement entraînante : Le cœur des volleyeuses bat plus fort pour les volleyeurs. C'est simple la musique, rapide et totalement percutante, va vous rappeler forcement ces musiques de cinéma muet, ou tout va très vite et où les gags s'enchaînent à une allure presque aussi rapide que la musique. Ce morceau est une réussite totale parce qu'il ressemble à rien d'autre. C'est du Delerm, mais du Delerm plus ou moins renouvelé, qui innove encore un peu.

Puis…
On arrive maintenant à la piste numéro douze, "from a room", dans un style musical qui va forcement vous rappeler les films de western. Sifflets de part et d'autres, et cette voix féminine, troublante, touchante et bouleversante. Interlude qui dure une minute mais qui provoque un bel effet de cassure sur cet album. C'est Alka Babir, cette femme totalement inconnue qui durant une minute va commenter deux photos de l'album « Song from a room » de Leonard Cohen. Et par la force des mots choisis, par la subtilité de la musique, j'ai cette envie absolue de découvrir cet album et de voir ces fameuses photos. Poignant.

.
Et il y'a cette chanson, 'North Avenue', qui dans l'idée me fait penser à sa chanson « L'appartement ». Cette femme qui a perdu son mari et qui veut revendre son appartement pour emporter tous ces souvenirs, trop dur à porter. C'est sûrement la chanson la plus mélancolique de l'album, celle où Delerm est au piano, celle qui me rappelle une certaine « Chatenay Malabry » du premier album. C'est la chanson qui est pile dans le coté « tendance suicidaire » qu'on colle sans cesse à ce chanteur. Encore une fois, les mots sont justes, la musique est dans le ton qu'il faut et l'émotion est bien présente.


Cet album est une réussite, peut être un de ses albums les plus abouti. Même si pour moi, le premier reste celui par lequel j'ai découvert l'artiste, ce quatrième album est quand même une vraie pépite et je pense qu'il va se bonifier sur la longueur et prendre encore plus d'ampleur avec le temps qui passe. Delerm a toujours cette force qui est de se tourner vers le passé et de choper ces moments de vies. Je pense à la chanson 78 543 habitants ou Delerm se souvient, de cette piscine, de sa jeunesse, de cette fille, dans cette ville… de 78 543 habitants. Pas un de plus, pas un de moins, les détails, toujours les détails… Ses chansons ont une vie, et on se prend une claque presque à chaque mot balancé. L'album se clôture sur une magnifique et très minimaliste chanson : La vie est la même, en duo avec une voix féminine. La vie, cette vie si précieuse et qui regorge de tant de choses, tant de détails que Delerm s'amuse à mettre en chanson, en image, en musique…

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