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Un humain dans la masse !

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Blog sur les sujets de la vie quotidienne. Savoir se mettre en lumière pour apprendre à évoluer. Curiosité, Neutralité, Point de vue exterieur. Ni pour. Ni contre. Bien au contraire


[CRITIQUE] Mano Solo - La marmaille Nue. Un album puissant.

Publié par Julien sur 5 Avril 2017, 13:49pm

Catégories : #Musiques


 



Jouissance !

Minuit passé, écouteurs bien plantés dans les oreilles. C'est dans ces moments que j'aime écouter ces musiques. Celles un peu spéciales, celles qui prennent un goût différent de quand il fait jour. « Mets à fond », c'est le conseil que me donne cette personne qui me fait découvrir ce chanteur qui m'avait échappé jusque là. A l'époque on est au beau milieu de la nuit et j'aime tomber sur ce genre de découvertes en ces heures tardives.

Ce chanteur ? Mano Solo
Bordel, le nom me dit un truc, oui, mais je n'ai jamais rien écouté. Je mets donc la musique à fond et c'est avec jouissance que je découvre ce morceau : On boira de la bière. Claque monstrueuse. Ça bouleverse, ça prend aux tripes, ça déménage quoi. J'accroche à tout : voix, musique, thème. Comme une drogue, il m'en faut encore et encore. Aucun soucis, la musique est une drogue saine. Je mets donc Replay sans aucun soucis et j'irais me coucher qu'à deux heures du matin. Pas grave, on se dit qu'on dormira bien. C'est déjà ça de gagner.


L'écorché vif !

Ce mec, on comprend très vite, après quelques morceaux, que c'est un écorché sanglant. La vie il la prend et la retourne, la bouffe et te la dégueule en pleine figure. Voix écorchée, légèrement glaireuse et rocailleuse. Elle marque. C'est une signature vocale. La marmaille nue c'est son premier album, sorti en 1993. L'un des meilleurs apparemment, si on regarde les critiques de plus près. Et y'a pas à dire cet album est un condensé de bonnes choses. Des émotions en pagaille, des sujets assez violents et durs, des thèmes pas toujours drôles. Bref, un album bien saignant à point. 15 titres, 15 morceaux de vie. Le tout teinté d'une musique mi-rock, mi-jazz, mi-blues…
 



Y'a toujours plus profond que le fond !

Toxicomanie, séropositivité, manque d'amour, solitude, souffrance. Thèmes récurrents que l'on retrouve dans ses quinze titres. Thèmes assez violents mais réels. Le Sida, le chanteur connaît et la chanson C'est pas du gâteau fout une vraie claque émotionnelle tant par les mots choisis que par la façon de les chanter. Des mioches, il en rêve, ce contact fusionnel il en veut. La chanson nous plonge dans un désespoir particulièrement poignant. La voix est parfaite, la musique suit le texte au poil. Percutant…


La toxicomanie, est largement évoqué dans la chanson au titre parlant : au creux de ton bras. Et si la musique nous balance dans une ambiance très jazzy et relaxante, il n'en est rien du texte qui lui, est bel et bien poignant. C'est la force de ce morceau. La musique accompagne à merveille les mots. La voix, les cuivres et la guitare, forment une harmonie parfaite, pour accompagner ce mec en manque total, qui veut sa dose à tout prix. La voix de Mano Solo, prend de grandes élancées, ça racle, ça crache, ça crie au désespoir. Fichue merde que cette dépendance !

L'alcool à sa place dans ses textes aussi. On boira de la bière ou comment mettre en image la fameuse phrase « boire pour oublier ». Cette chanson, un cri qui vient du cœur et qui prend de la puissance tout au long du morceau. Les filles sont parties, on se retrouve entre potes. On boit, on sort une guitare, et on crie au monde entier notre dégoût le plus profond. La musique, jazzy, chaude, accompagne admirablement bien ce texte et cette voix, qui rend cette chanson terriblement monstrueuse.


Et puis y'a Julie. Musique terriblement blues. Les cuivres sont là, et la musique se fait lancinante. On est de suite, dans l'ambiance, ce bar perdu, cette serveuse et ce mec, qui veut boire encore et encore. Perdu déboussolé, voix raclée du fond de la gorge. Musique et voix terriblement hors des sentiers battus de ce qu'on a l'habitude d'entendre. C'est prenant, c'est tripant, c'est bon, ça sort du ventre et ça se sent !

 

Ô désespoir !

Cet album est un pur bijoux de rage, tristesse, de lutte et de désespoir. Mais le type ne se résigne pas. C'est pas parce que ses hauts ne sont pas si haut que ça et que ses bas, sont à dix milles lieues sous terres, qu'il baisse les bras. La résignation, il ne connaît pas. Avec sa voix mise à nu, sa guitare et ses cuivres, vous partirez dans un autre monde pendant ces quinze morceaux. Ce Paris qui veut pas voir la misère de ses habitants, cette solitude bien trop présente. Sujets très grave sur une musique paradoxalement très douce et posée. Une voix qui vient du cœur, une voix chaude et des musiques qu'on savoure avec délice. Ce disque, tout comme sa pochette, faite par ses soins, vous emmènera dans un tourbillon d'émotions.
Ces malheurs nous atteignent, sa voix nous transperce et nous bouleverse. Ce qui le rend si attachant, c'est cette force qu'il a, de toujours y croire. Ces textes si sombres et cette musique si chaude, sorte de paradoxe qui sommeil en lui. Il a la rage, il en veut et il ne lâchera pas l'affaire. « La liberté ou la mort, j'aurais les deux ». Ce sont ses mots.

Mais tout a une fin
Manu Solo est mort en janvier 2010 à l'age de 46 Ans.

Un album qui titille, qui frappe, qui caresse, qui fait mal, qui retourne.

Bouleversant !

 

Informations complémentaires :
1. La barre est dure
2. Allo Paris
3. Je marche seul
4. Sacré coeur
5. Chacun sa peine
6. 15 ans du matin
7. Pas du gâteau
8. Julie
9. Allez viens
10. Toujours quand tu dors
11. Au creux de ton bras
12. Le monde entier
13. La lune
14. On boira de la bière
15. Trop de silence

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