Chroniques personnelles d’un monde qui change
23 Août 2017
Attention, claque vidéoludique.
Ça faisait longtemps que je n’avais pas joué à un titre capable de me happer à ce point. Ce genre de jeu qui vous attrape au corps, qui vous pousse à relancer une session juste pour voir ce que l’histoire vous réserve ensuite.
Et le plus fou, c’est qu’au départ, je n’avais quasiment jamais entendu parler de NieR: Automata.
La manière dont j’ai découvert ce jeu est assez drôle. En regardant les statistiques de visites de mon blog, j’ai vu qu’un visiteur avait recherché “NieR: Automata”. Curieux, je suis allé voir de quoi il s’agissait. J’ai compris que c’était un jeu vidéo, puis en creusant un peu, je suis tombé sur des retours extrêmement élogieux.
La dernière fois que j’avais découvert un jeu un peu sur le tard, presque par accident, c’était The Last of Us. Et la claque avait été énorme. Alors forcément, en voyant les premiers avis sur NieR: Automata, je me suis dit que si le jeu pouvait provoquer quelque chose d’approchant, je signais tout de suite.
Et très honnêtement, je n’ai pas été déçu.
Je précise tout de suite quelque chose : au moment où j’écrivais cette première version, j’en étais à environ 37 heures de jeu et je ne l’avais pas encore totalement terminé.
Mais j’avais déjà assez vu pour comprendre que NieR: Automata n’est pas juste un jeu à fins multiples. On n’est pas simplement face à un système de conclusions alternatives où il suffirait de faire un autre choix ou de relancer une sauvegarde.
Ici, après une première fin importante, le jeu repart sous un autre angle. L’histoire se redéploie, le regard change, de nouvelles informations apparaissent, et ce qu’on croyait avoir compris commence à se fissurer. Le scénario se dévoile progressivement, par couches, d’une manière que je trouve particulièrement intelligente.
À ce stade, j’avais déjà vu assez de choses pour être complètement conquis.
Autant le dire clairement : NieR: Automata n’est pas un monstre technique. Son monde ouvert n’est pas si ouvert que ça. Il reste assez cloisonné, et visuellement, il ne rivalise pas avec les plus grosses vitrines techniques de son époque.
Comparé à un Horizon Zero Dawn, par exemple, il peut paraître plus terne, plus gris, parfois même un peu daté. Certaines textures sont fades, certains décors donnent une impression de vide, et il y a même des limites un peu grossières comme des murs invisibles.
Mais à mes yeux, ces défauts s’arrêtent en grande partie là. Une fois passée cette première impression, le jeu impose autre chose : une ambiance, une étrangeté, un souffle. Et surtout, il compense par son scénario, son univers et sa façon de surprendre sans arrêt.
L’une des grandes forces du jeu, c’est son énergie. NieR: Automata ne se contente pas d’un seul style. Il bouge, bifurque, change de perspective, modifie sa mise en scène, glisse parfois vers d’autres sensations de jeu sans prévenir.
C’est typiquement le genre d’expérience qu’on comprend vraiment manette en main. Il y a quelque chose de très jouissif dans cette capacité à rester dynamique, à ne pas s’enfermer dans une routine trop vite.
En difficulté normale, le jeu reste abordable, mais il ne prend pas non plus le joueur par la main en permanence. Les combats sont fluides, lisibles, agréables, à condition de bien intégrer l’esquive. Une erreur peut coûter cher, et l’absence de sauvegarde automatique peut parfois rendre la moindre mort franchement frustrante.
Mais une fois le système bien compris, le plaisir prend largement le dessus.
S’il fallait résumer la force du jeu en trois grands points, ce serait ceux-là :
Ce ne sont pas juste des éléments “réussis”. Ce sont des éléments qui donnent au jeu une identité très forte. NieR: Automata a quelque chose de singulier, parfois de bancal, mais surtout de profondément habité.
Je recommande vraiment ce titre.
Et par moments, il m’a rappelé une sensation que j’avais connue avec Metal Gear Solid : ce mélange d’étrangeté, de maîtrise, d’émotion et de détails qui finissent par créer quelque chose de plus grand que la simple somme de ses qualités.
Je ne dis pas que les deux jeux se ressemblent directement. Mais il y a dans NieR: Automata une forme d’empreinte, une intensité particulière, qui m’a parfois renvoyé à ce type de souvenir vidéoludique fort.
Encart MAJ 2025
Huit ans après ce premier article, je vais reprendre NieR: Automata depuis le début avec un objectif clair : aller beaucoup plus loin, et cette fois tenter le platine.
Pourquoi tout recommencer plutôt que reprendre ma vieille sauvegarde ? Parce qu’à l’époque, j’avais fait un choix ou raté certains éléments qui avaient fini par me bloquer dans ma progression vers le 100 %. Et honnêtement, ça m’avait complètement démotivé.
Avec le recul, cette frustration s’est transformée en envie de seconde chance. Revenir au jeu aujourd’hui, ce n’est pas juste cocher des trophées : c’est aussi voir si la claque d’origine tient encore, plusieurs années plus tard.
Au passage, depuis la première version de cet article, le jeu est aussi sorti sur Switch. Comme quoi, le temps a passé, mais NieR: Automata continue de vivre.
Bonne journée.
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