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Chroniques personnelles d’un monde qui change

Ça : pourquoi le clown de Stephen King m’avait traumatisé enfant

Flashback.

1994. J’ai 8 ans. Ou peut-être un peu plus, ma mémoire me joue peut-être des tours. Je suis dehors avec un ami, on traîne dans la rue, on s’amuse sans se poser de questions, comme on le fait à cet âge-là.

Et puis sa grande sœur rentre avec une VHS sous le bras. Dans mon souvenir, elle avait au moins 7 ans de plus que nous. Elle annonce fièrement qu’elle a trouvé le film Ça, ou It en version originale, qu’elle venait de louer un peu plus tôt.

Elle nous propose de le regarder avec elle.

Et là, avec le recul, je me dis quand même : est-ce qu’on propose vraiment à un gamin de 8 ans de regarder un film comme celui-là ? Peut-être que j’étais un peu plus âgé. 10 ans, 11 ans ? Honnêtement, je ne sais plus. Ce dont je suis sûr, en revanche, c’est que j’étais jeune. Et que ce film m’a marqué.
 

Le souvenir d’une peur d’enfant

Ce qui est étrange, c’est que j’ai gardé en mémoire le lieu, le canapé, la télévision. Pourtant, je n’allais pas souvent chez lui. Mais ce jour-là est resté quelque part.

Je me souviens du clown. Je me souviens de ce film terrifiant. Je me souviens du sang dans le lavabo, du tricycle renversé, des bestioles qui sortent des gâteaux. Je me souviens surtout de cette sensation très simple : quand on est gamin, ce genre de film peut faire très peur. Vraiment très peur.
 

Des années plus tard, le roman puis le retour au téléfilm

Le temps a passé.

Des années plus tard, j’ai lu le roman de Stephen King, et là j’ai compris à quel point mes souvenirs du téléfilm étaient partiels. En réalité, j’avais presque tout redécouvert à travers le livre. Et quel livre. Un roman palpitant, dense, prenant, où l’histoire des enfants et celle des adultes ne sont pas séparées mais s’imbriquent en permanence.

On y trouve aussi des scènes bien plus dures, plus gores, plus lourdes moralement que dans le téléfilm de 1990.

J’ai ensuite revu cette version de 1990, en partie pour me débarrasser de l’ombre qu’elle avait laissée dans mon imaginaire d’enfant. Et là, forcément, le regard adulte change tout : le téléfilm a vieilli, parfois beaucoup, et il fait nettement moins peur qu’à l’époque.

Mais ça ne retire rien à son impact passé. Certaines œuvres nous terrorisent à un moment précis de la vie, et ce souvenir-là reste, même quand l’objet lui-même a perdu de sa force.
 

Et maintenant, le remake de 2017 ?

Alors forcément, la question se pose : que va donner ce nouveau Ça version 2017 ?

La réponse arrive le 20 septembre, mais on peut déjà imaginer certaines choses. Mon intuition, à l’époque, était que la trame des enfants serait isolée dans un premier film, puis celle des adultes dans un second. Donc un découpage plus net que dans le roman, où tout s’entrelace beaucoup plus.

Je me dis aussi que certaines scènes moralement très dures du livre ne seront probablement pas adaptées telles quelles. En revanche, il reste une autre vraie question : jusqu’où le film ira-t-il dans le gore et dans la violence frontale ?

Rien que la scène d’introduction avec la bouche d’égout peut déjà en dire long sur l’ambiance et sur les intentions du film.
 

Une attente mêlée d’excitation et de curiosité

Ce remake m’intrigue forcément, parce qu’il touche à quelque chose de très ancien chez moi : une peur d’enfance, floue mais tenace, liée à des images qui m’ont poursuivi bien plus longtemps que je ne l’aurais cru.

Le téléfilm de 1990 a vieilli, oui. Le roman m’a fait redécouvrir l’histoire autrement, oui. Mais malgré ça, Ça garde chez moi une place à part, précisément parce qu’il est lié à un souvenir très précis, très jeune, très marquant.

J’ai hâte de voir ce que ce remake va proposer.

Et vous, vous l’aviez vu étant enfant, ce vieux Ça ? Il vous avait traumatisé aussi, ou pas du tout ?

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