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20 Juin 2025
Depuis plusieurs années, la France connaît une recrudescence des périodes de sécheresse, tant par leur fréquence que par leur intensité. L’analyse des données de précipitations sur plusieurs décennies montre des phases longues et pauvres en pluie, parfois proches des records historiques.
Dans cet article, nous définissons une période de sécheresse comme une succession de plusieurs semaines durant lesquelles le cumul de précipitations est très inférieur aux normales saisonnières.
Pour être significative, la durée doit dépasser 15 jours, et le cumul rester sous un certain seuil (généralement inférieur à 1 mm/jour).
Entre le 1ᵉʳ juin et le 18 juin 2025, il est tombé environ 38 mm de pluie en moyenne sur la France, contre une médiane de 36,6 mm sur la même période (données Infoclimat). Cela représente un léger excédent d’environ 1 % par rapport à la normale.
Cependant, ces chiffres nationaux cachent de fortes disparités régionales :
Certaines régions du nord et de l’ouest ont bénéficié d’averses orageuses conséquentes.
D’autres, notamment près de la Méditerranée, ont enregistré des cumuls très faibles, parfois inférieurs à 5 mm.
Ainsi, la situation nationale ne traduit pas un début d’été exceptionnellement sec, mais certaines zones connaissent déjà un assèchement marqué des sols.
Médiane du 1ᵉʳ juin au 15 juillet : 91 mm
2025 (au 18 juin) : 38 mm
Pour atteindre cette médiane, il faudrait qu’il tombe encore 53 mm en 27 jours, soit près de 2 mm/jour — un scénario possible mais dépendant d’épisodes pluvieux organisés, peu fréquents en plein été.
La situation est temporairement atténuée par un excédent hydrique accumulé avant l’été :
1ᵉʳ septembre 2024 – 1ᵉʳ juin 2025 : 688 mm de pluie cumulée
Médiane sur la même période : 657 mm
Excédent : +31 mm
Cet excédent permet de retarder l’impact d’une éventuelle sécheresse prolongée.
Voici les 5 épisodes les plus longs depuis 1985 avec un cumul inférieur à 1 mm/jour :
24 fév – 25 avril 1997 : 61 jours, 30 mm (0,49 mm/j)
1ᵉʳ fév – 1ᵉʳ avril 2012 : 60 jours, 38 mm (0,63 mm/j)
10 janv – 10 mars 2022 : 59 jours, 42 mm (0,71 mm/j)
3 avril – 29 mai 2011 : 57 jours, 37 mm (0,65 mm/j)
20 janv – 6 mars 2023 : 45 jours, 14 mm (0,31 mm/j)
La période actuelle de 2025 n’entre pas dans ce classement, mais des conditions anticycloniques prolongées pourraient changer la donne.
La multiplication des sécheresses longues, parfois discrètes car d’intensité modérée, témoigne d’un changement de régime climatique. En croisant ces données avec les médianes mensuelles, on affine la compréhension de l’évolution des cycles de l’eau en France.
Au 5 août 2025, le cumul national de précipitations atteint 461,7 mm, soit 24 mm de plus que la médiane 1997-2022 (437,93 mm). Cela représente un excédent d’environ 5 % pour la période allant du 1ᵉʳ janvier au 5 août.
Ce chiffre place 2025 dans la partie haute des années récentes, mais loin des extrêmes :
Année très sèche : 325,5 mm en 2022
Année très humide : 675,5 mm en 1988
En revanche, la répartition des pluies est restée très inégale : certaines zones méditerranéennes continuent de subir un déficit important, tandis que des régions du nord et de l’ouest affichent des cumuls largement supérieurs à la normale, souvent grâce à des épisodes orageux.
Sources : Infoclimat – Indicateur national de précipitations, périodes 1985-2025 et 1997-2022 (médianes).