Je n’ai pas tout lu de Stephen King. Et quelque part, c’est justement ce qui rend l’exercice intéressant.
J’ai découvert Stephen King par l’image, avec Ça et son téléfilm, avant d’entrer vraiment dans ses livres en 2005 avec Rose Madder. Ensuite, entre 2005 et 2007, j’ai beaucoup lu King. Presque trop. Puis j’ai eu une longue période de retrait, avant d’y revenir à partir de 2018 avec des romans plus récents.
Aujourd’hui, j’ai envie de faire le point. Pas un classement définitif. Pas une liste froide. Plutôt une chronologie personnelle : ce que j’ai lu, ce que j’ai oublié, ce que j’ai abandonné, ce que je veux encore découvrir.
L’intérêt, c’est aussi de voir les années défiler. Stephen King n’est pas seulement un auteur prolifique : c’est une œuvre qui s’empile depuis les années 1970, avec des romans cultes, des recueils, des cycles, des pseudonymes, des adaptations, des zones d’ombre et des portes encore ouvertes.
Légende de lecture
34 livres
8 livres
2 livres
1 livre
33 livres
1 livre
Repère ajouté, non compté à part
Compteurs indicatifs, sur les 79 entrées listées dans cette timeline. Les années correspondent principalement aux parutions originales, afin de suivre l’évolution de l’œuvre dans le temps.
Années 1970 — Les fondations
Simple, mais efficace. Un roman assez court, direct, presque brutal. On sent déjà le King de l’humiliation, de l’adolescence, de la violence sociale et de la bascule dans l’horreur.
Je sais que je l’ai lu, mais il ne m’en reste pas énormément de détails. Une maison, un village, un prêtre peut-être, surtout une ambiance. C’est le genre de livre que je peux cocher comme lu, mais que je devrais relire pour vraiment en reparler aujourd’hui.
Excellent souvenir de lecture. J’avais vu le film juste après, en VF, et j’avais été déçu. C’est intéressant, parce que parfois l’adaptation arrive trop vite après le livre : elle écrase l’imaginaire qu’on vient de se fabriquer.
Court, sec, marquant. Un Bachman brutal, beaucoup moins ample que les grands King, mais très fort dans son idée.
Très bon souvenir, mais lecture ancienne. C’est un recueil que j’aimerais relire pour voir ce qu’il me reste vraiment des nouvelles.
Abandonné à cause d’un trop-plein de King. Mais il reste sur ma liste des livres à lire. Ce n’est pas un rejet définitif : plutôt un mauvais moment de lecture.
À classer dans les zones incertaines. Je ne suis pas sûr de ne jamais l’avoir ouvert, mais je ne peux pas vraiment dire que je l’ai lu.
Un des Bachman les plus forts pour moi. Concept simple, implacable, terrible. C’est probablement un des romans de King/Bachman que je garde le plus haut dans mon parcours.
Années 1980 — L’explosion
Je crois l’avoir lu, mais sans certitude. Il ira dans la catégorie des lectures incertaines.
Excellent, efficace. J’ai vu le film des années après, mais je l’ai trouvé un peu simple en comparaison.
Un Bachman encore à découvrir.
Je l’ai lu, mais il mérite une relecture. Je sais qu’il fait partie de mon parcours, mais je n’ai pas assez de souvenirs frais pour en parler précisément.
Très gros souvenir. Et c’est aussi l’un des meilleurs exemples du fait que Stephen King n’est pas seulement un auteur d’horreur. J’ai vu Les Évadés et Un élève doué, liés à ce recueil.
Début du grand cycle. À traiter à part dans l’article, parce que La Tour sombre n’est pas seulement un roman dans la chronologie : c’est une colonne vertébrale.
Un des grands titres connus qui me manque encore.
Court, illustré, à part. Pas prioritaire, mais il fait partie des trous de la bibliographie.
Un des grands King pour moi. Lu deux fois. Il me semble aussi avoir vu le film d’époque, mais pas le récent.
Pas lu, mais j’avais failli le lire à cause de ses connexions avec La Tour sombre. C’est typiquement un livre qui m’attire par son lien avec l’univers plus large de King.
Pas lu, mais il me tente. D’autant plus qu’il revient régulièrement dans les discussions autour des adaptations et qu’il est lié à une veine plus fantastique de King.
Encore une lecture incertaine. Je pense l’avoir lu, mais pas assez clairement pour l’affirmer avec force.
Je crois l’avoir lu, mais là aussi, le souvenir est trop flou. À relire pour le replacer proprement.
Un pilier. Lu plusieurs fois. J’ai vu le téléfilm, les films récents, et aussi la série récente. C’est un des livres qui résument le mieux ce que King peut faire : l’enfance, le groupe, la peur, la ville, la mémoire, le monstre.
Excellent souvenir. J’ai aussi vu le film il y a quelques années. Un King très fort parce qu’il repose sur une idée simple, un huis clos et une tension immédiate.
Je n’ai pas lu le roman, mais j’ai vu le téléfilm, que j’ai trouvé assez moyen. Bon exemple d’un King croisé par l’adaptation, pas par le texte.
La suite du cycle, avec l’univers qui commence vraiment à s’élargir.
Un grand absent, surtout pour son thème de l’écrivain et du double.
À côté de Stephen King, il y a Richard Bachman. Pas seulement un pseudonyme, mais presque une autre température d’écriture.
Chez Bachman, j’ai souvent l’impression d’un King plus froid, plus direct, parfois plus désespéré. Rage, Marche ou crève et Running Man avancent avec une idée très forte, presque mécanique. Moins de grandes villes hantées, moins d’ampleur romanesque, mais une tension sèche.
Dans ce versant-là, Marche ou crève reste pour moi un des textes les plus forts.
Années 1990 — Pavés, doubles, femmes blessées et récits cultes
Je pense avoir lu au moins une partie de ces recueils, mais je devrais les relire pour en parler sérieusement.
Je ne suis pas sûr. Encore un titre à mettre dans la zone grise.
Le cycle continue à prendre de l’ampleur.
Excellent souvenir. J’ai aussi vu le film, que j’ai trouvé assez bien représentatif. C’est un King psychologique, enfermé, très humain.
Probablement à lire un jour, surtout après Jessie, parce que ces deux romans semblent dialoguer autour des violences, des femmes, du trauma et de la vérité.
Un gros recueil encore absent de mon parcours.
Commencé, mais jamais fini. Trop pavé, surtout après le cycle de La Tour sombre. Il symbolise bien ma saturation de King à un moment.
Mon tout premier roman de Stephen King, découvert en 2005. Ce n’est pas forcément celui qu’on cite en premier pour commencer King, mais dans ma chronologie personnelle, c’est mon entrée réelle dans ses livres. Je suis curieux de le relire un jour.
J’avais vu l’excellent film avant. Contrairement à Shining, l’adaptation ne m’a pas empêché d’apprécier le livre. C’est un King plus humain, plus émotionnel, et l’un de ceux qui ont touché un très grand public.
Lu vers 2005 sans souvenirs, puis relu en 2023. Très bon. C’est un cas intéressant : un livre oublié peut redevenir très fort avec une relecture.
Pas lu, mais il m’intéresse logiquement parce qu’il fonctionne en miroir avec Désolation.
Un tome important du cycle, mais qui appartient pour moi au bloc global Tour sombre plus qu’à un souvenir isolé.
Un des cas les plus intéressants pour mon article : peut-on dire qu’on a lu un livre quand il n’en reste presque rien ? Je pense que oui, mais je ne pourrais pas vraiment le juger sans le relire.
Pas lu. Peut-être intéressant pour un King plus court, plus resserré.
Pas lu, mais important à cause des liens avec La Tour sombre. À garder dans les titres qui pourraient compléter ma lecture du grand univers King.
J’ai lu les 8 tomes de La Tour sombre. C’est une œuvre à part dans l’œuvre.
Elle m’a énormément immergé, mais elle a aussi provoqué une forme de saturation. Après un tel cycle, certains pavés très reliés à cet univers, comme Insomnie, devenaient difficiles à encaisser.
C’est sans doute pour ça que certains titres connectés à La Tour sombre me tentent encore aujourd’hui : Les Yeux du dragon, Cœurs perdus en Atlantide, Le Talisman, Territoires. Ce sont des portes que je n’ai pas toutes ouvertes.
Années 2000 — Ma grande zone blanche
Un King récent que je n’ai pas exploré.
Suite du Talisman, donc pas encore lu non plus. À envisager seulement après Le Talisman.
Lu, mais j’aurais besoin de préciser les souvenirs. Important aussi parce que certains textes dialoguent avec l’univers plus large de King.
Je ne l’ai pas lu parce qu’à l’époque j’avais peur des King récents. J’étais surtout dans les grands classiques, et les romans plus récents me paraissaient moins attirants.
Suite du cycle.
Suite du cycle.
Fin du cycle principal.
Pas lu à cause de retours moyens. Pas prioritaire.
À l’époque, j’étais dans une période “grands King”, et les romans récents me paraissaient plus fades d’après les retours. Mais je serais curieux de le lire un jour, quand il me restera moins de grands titres à découvrir.
Un absent de cette décennie.
Un Bachman tardif encore à découvrir.
Pas lu, mais à reconsidérer. Il semble avoir une vraie réputation chez certains lecteurs de King.
Encore un recueil absent.
J’ai envie de le lire. Même si la série a déçu pas mal de monde, je me dis que le roman doit être très différent.
C’est probablement la décennie que j’ai le moins explorée.
Pas forcément parce qu’elle ne m’intéresse pas, mais parce qu’à l’époque je cherchais surtout les grands King déjà cultes. Les romans récents me semblaient moins essentiels, parfois moins attirants à cause des retours mitigés.
Aujourd’hui, certains titres me tentent à nouveau, notamment Dôme, peut-être Duma Key, et un jour Cellulaire.
Années 2010 — Le retour à King
Pas encore lu.
Excellent souvenir. J’ai aussi vu la série, que j’ai trouvée excellente. C’est un King qui sort de l’image horrifique pure : voyage dans le temps, nostalgie, uchronie, Amérique fantôme.
Le huitième tome, lu aussi. À intégrer dans le bloc global Tour sombre.
Mon King du moment. C’est intéressant que cette timeline se construise pendant une lecture en cours.
Très envie, surtout après mon excellent souvenir de Shining. Un des prochains King prioritaires.
Pas lu. Il pourrait m’intéresser pour son côté plus sombre et métaphysique.
Très bon souvenir. J’ai aussi vu la série, très bonne également. C’est le King plus polar, plus enquête, qui m’a bien raccroché à son œuvre récente.
Un de mes grands plaisirs dans le King récent. J’ai adoré.
Pas encore lu.
Très bon. La trilogie Bill Hodges a clairement bien fonctionné sur moi.
Pas lu. Un texte plus court, lié à Castle Rock.
Pas lu. Un gros King récent que je n’ai pas encore exploré.
Pas lu, mais important puisqu’il prolonge indirectement l’univers de Holly Gibney après Bill Hodges.
Pas lu. Probablement une lecture courte plutôt qu’une priorité majeure.
Lu, mais un peu déçu, surtout par le dernier tiers. Un bon exemple de King récent où l’idée de départ fonctionne, mais où la fin m’a moins convaincu.
Années 2020 — Le vieux conteur, entre belles surprises et déceptions
Très bon souvenir. J’ai aussi vu Life of Chuck. C’est un recueil important dans mon retour récent à King.
Un King agréable, mais pas un livre qui me reste énormément. Mignon, mais oubliable.
Très sympa. Un King plus polar, plus personnage, qui a bien fonctionné sur moi.
Pas lu. À replacer avec les autres textes autour de Gwendy.
Grosse déception sur la seconde moitié. Le début m’avait donné envie, mais la suite m’a beaucoup moins convaincu.
Pas lu, mais probablement important pour moi vu que j’ai aimé la trilogie Bill Hodges et Si ça saigne.
Pas encore lu.
Pas lu. Un King récent encore à découvrir.
À venir. Un titre qui m’intéresse forcément puisqu’il semble prolonger la route ouverte par Le Talisman et Territoires.
Ce que cette chronologie raconte vraiment
En faisant cette liste, je me rends compte que mon rapport à Stephen King n’est pas linéaire.
Il y a d’abord eu l’entrée par l’image, avec Ça. Puis l’entrée par le livre, avec Rose Madder en 2005. Ensuite, une période presque boulimique entre 2005 et 2007, où j’ai lu beaucoup de grands titres : Carrie, Salem, Shining, Cujo, Simetierre, Ça, Misery, Jessie, La Ligne verte, La Tour sombre, Différentes Saisons, Marche ou crève, Running Man.
Puis il y a eu la saturation. Le Fléau et Insomnie incarnent un peu ce moment-là : non pas des livres rejetés, mais des livres arrivés au mauvais moment.
Les années 2000 sont devenues une grande zone blanche. Et puis je suis revenu à King autrement, plus tard, avec 22/11/63, puis la trilogie Bill Hodges. Le King que je lis aujourd’hui n’est plus exactement celui que je lisais en 2005. Je suis plus prudent, plus sélectif, parfois plus sévère.
J’ai adoré Carnets noirs. J’ai beaucoup aimé Billy Summers. J’ai trouvé Après sympathique mais oubliable. J’ai été déçu par L’Institut sur son dernier tiers, et par Conte de fées dans sa seconde moitié.
Mais malgré les déceptions, il reste encore beaucoup de portes ouvertes.
- Docteur Sleep
- Dôme
- Le Talisman
- Duma Key
- Holly
- Dolores Claiborne
- Les Régulateurs
- Le Fléau, à reprendre un jour
- Salem, peut-être à relire
- Rose Madder, pourquoi pas, vingt ans après
C’est peut-être ça, le plus impressionnant avec Stephen King : on peut en avoir lu beaucoup et avoir encore l’impression qu’il reste un territoire entier à explorer.
Conclusion provisoire
Cette timeline n’est pas un classement. C’est une carte de lecture en cours.
Stephen King fait partie de ces auteurs qu’on ne termine jamais vraiment. On y entre par un film, un souvenir d’enfance, un clown, un hôtel, une prison, une voiture, un chien, une marche sans fin. Puis on découvre que derrière l’image populaire, il y a une œuvre immense, irrégulière, parfois brillante, parfois frustrante, mais toujours vivante.
Je n’ai pas tout lu de Stephen King.
Mais j’en ai assez lu pour comprendre une chose : son œuvre ne se résume pas à l’horreur. Elle ressemble plutôt à un immense territoire, avec ses villes, ses doubles, ses routes, ses cycles, ses romans oubliés, ses livres à relire, ses adaptations et ses zones encore inexplorées.
Et c’est peut-être pour ça que j’y reviens encore.
/image%2F1023754%2F20260510%2Fob_78b0d4_bibliographie-stephen-king.png)